Cover de "Braddock" de Lochfi

Originaire de Nantes, Lochfi a déjà su fédérer une belle communauté sur YouTube. Sa récente signature en label, chez Cesar Charp, l’a fait se lancer plus sérieusement dans le rap. Avec “Braddock”, il livre une carte de visite plus que sérieuse. En attendant la version finale de l’album, il a discuté de son projet avec iHH™ MAGAZiNE.

Interview : Dorian Lacour

iHH™ : Salut Lochfi. Tu t’es mis au rap il y a quelques années si je ne dis pas de bêtises. C’est quoi ton rapport au rap ?

À la base j’aime bien la culture musicale, mais jusqu’à maintenant je n’ai pas eu la chance de faire du rap mon métier. Le rap c’est une passion, mais depuis un moment je vois que sur YouTube on atteint presque le million de vues avec toutes nos vidéos. Je vois qu’il y a de l’attente des gens, je me suis dit qu’il fallait se lancer réellement, il faut que de ma passion je fasse mon métier. Avec le confinement on n’est pas encore à 100% mais on a lancé ça.

iHH™ : Tu as donc sorti ton projet “Braddock” le 8 mai. L’idée t’est venue pendant le confinement, raconte-moi le processus créatif…

On avait des titres déjà prêts, une quarantaine de titres en fait. On venait d’envoyer “La financière #1“, et j’ai compris qu’en cette période les gens manquaient de musique. J’ai eu de bons retours, et tu sais on a perdu des frères qui sont morts avec le coronavirus, alors je me suis dit pourquoi pas lancer le projet “Braddock“, pour amener de la bonne humeur et de la motivation.

iHH™ : Ce projet sort suite à ta signature dans un nouveau label, Cesar Charp. Tu veux franchir un cap dans ta carrière avec eux ?

C’est ça, c’est exactement ça, on va bientôt officialiser cette signature, elle va me permettre de franchir un palier, avec les médias, plein d’autres trucs. Cette structure elle nous amène ce qu’on n’avait pas en indépendant. C’est clairement professionnel, et on va donner le maximum.

iHH™ : Le projet est sorti uniquement sur Soundcloud pour l’instant. C’est ta volonté ou c’est juste que c’était plus simple dans un premier temps ?

C’était ma volonté car le projet n’est pas complètement fini, on l’a mis sur Soundcloud pour avoir l’avis des gens, savoir quels morceaux étaient appréciés, quels morceaux touchaient les auditeurs… On va sortir une nouvelle version sur les plateformes. C’était un “crash test” surtout que tu vois Soundcloud c’est une autre culture, les français n’y vont pas trop. C’est plus une carte de visite qu’autre chose. On n’a pas encore de date pour la version finale, mais ça devrait arriver courant juin !

iHH™ : Quelles ont été tes influences musicales dans la conception de ce projet ?

Tu sais, je n’écoute pas beaucoup de rap français, les rappeurs adorent dire ça mais moi c’est vrai ! Depuis l’époque j’ai été bercé par B.I.G., Snoop Dogg, Ma$e, Common… J’évite d’écouter le rap français pour ne pas me faire influencer, j’ai peur de trop écouter et d’être influencé sans le vouloir. Mon manager souvent m’envoie les dernières sorties françaises mais j’écoute plutôt des trucs américains, Migos, Roddy Ricch, Pop Smoke, Chief Keef, j’écoute beaucoup de drill anglaise aussi.

iHH™ : Tu as appelé ton projet “Braddock” en hommage à James Braddock, un héros de films d’actions de série B des années 80 interprété par Chuck Norris. Comment tu expliquerais ce choix ?

C’est pas vraiment un hommage, c’est juste qu’on aimait cette phrase : “je mets les pieds où je veux, Little John… et c’est souvent dans la gueule.” Mon manager m’envoie le son, j’écoute, il m’envoie cet extrait et je me suis dit qu’il fallait en faire un son direct. Le nom de l’album vient du single en fait, on se retrouve dans cette phrase.

iHH™ : Tu as réussi à tout boucler pendant le confinement ? Ou tu avais déjà réfléchi au projet avant ?

Les sons étaient déjà enregistrés, mais j’ai réussi à boucler le mixage pendant le confinement, pour faire une sortie rapide. On a du faire une sélection, et on a encore des inédits qu’on a pas mis mais qu’on retrouvera sur la version définitive.

iHH™ : Parlons des invités. On retrouve Tango.Point.Hotel sur une grosse trap. C’était le choix évident pour toi sur une prod comme ça ?

Ouais, moi et Tango.Point.Hotel on aime quand ça cogne. Nous deux quand on fait un son il faut que ça cogne. C’est pas d’aujourd’hui qu’on se connait, c’est depuis le berceau. On a commencé presque ensemble, on a beaucoup de titres ensemble qui ne sont pas sortis. Comme le son était énervé, il me le fallait, c’était obligé. Et c’est même la surprise de la mixtape, c’est le son qui remonte, il gagne sa place, les gens le kiffent.

iHH™ : Tu as fait venir Cinco et Delador, les deux sont connus pour mixer les styles. Raconte-moi comment tu as pensé à eux ?

J’aime le côté pop de Delador, j’avais le track [“Éteindre” – NDLR], je lui ai envoyé il a écouté et il a ramené ce que j’attendais, un côté pop, plus chantant. Cinco c’est un peu pareil, il n’arrive qu’au refrain et il tue ça [sur le titre “Dom Perignon” – NDLR]. Cinco c’est comme un petit frère, on se parle et on s’écrit souvent.

iHH™ : C’est ça au final ton style, ne pas avoir de style défini ?

Pas vraiment. Dans ma vie j’ai eu des challenges, j’ai fait mes preuves d’abord dans la rue avec mes gars et j’ai réussi dans l’entrepreneuriat avec ma femme. J’ai une place de choix dans ma ville, tout le monde ici connait nos enseignes. Dans la musique c’est pareil, je n’aurai pas de limites. C’est ça mon style et ma marque de fabrique, d’aller le plus haut possible, trap, drill, même rumba si tu veux, je veux être un artiste. Je ne veux pas être dans une catégorie, mon album ça va être ça. La version finale elle va être du tonnerre !

iHH™ : Dans “César”, tu dis qu’”ils rêvent de me voir mort, c’est moi qui assiste à leur mort”. C’est un message (bien sûr sur le ton de l’egotrip) adressé au rap français ?

Non, c’est à tous les gens qui sont contre moi, j’appelle ça les collabos ! Ce message il est adressé aux collabos, s’ils sont dans le rap alors oui je m’adresse au rap, mais c’est plus largement à ceux qui veulent que j’échouent, qui critiquent, qui n’ont pas écouté mais qui parlent déjà.

iHH™ : Tu avais réuni une belle communauté sur YouTube, notamment grâce à tes “#CLRCLV”, on doit attendre des clips pour soutenir “Braddock” ?

Oui il va y en avoir, c’est encore trop tôt pour savoir quels titres vont être clippés mais on a déjà quelques idées. Le morceau “Braddock” va être clippé c’est certain, et deux autres morceaux aussi mais on y réfléchit encore…

iiHH™ : Quels morceaux ressortent le plus selon toi ?

Comme ça il y a “Hommage“, “666“, “Mendoza“, “Braddock“, “Dom Perignon“, “Oseille“… C’est sûr qu’ils vont se retrouver sur le projet, après il y en aura peut- être d’autres, on verra !

iHH™ : Ton objectif était de donner de la motivation aux auditeurs avec ce projet. Deux semaines après sa sortie, j’imagine que tu as eu déjà des retours. Alors, objectif atteint ?

Les gens kiffent, j’ai des bons retours sur Snapchat ou Instagram. Beaucoup de gens me demandent pourquoi il n’est pas sur les plateformes. Quand je me fie à “La financière #1”, c’est que du positif. C’est réussi, j’ai réuni des sons, j’ai retiré ceux qui n’étaient pas bien, je veux passer à l’étape suivante maintenant.

iHH™ : Si quelqu’un n’a pas encore écouté ton album, comment est-ce-que tu pourrais lui donner envie d’écouter ?

Il y a beaucoup d’avis positifs, mais c’est que le début, c’est une carte de visite qu’il va falloir défendre. Le projet est d’actualité, il est bien calibré. Tu vas l’écouter, comme tu écoutes du Niska, on a un an de boulot derrière. Quand j’arrive en studio mon but c’est de faire une séance de 10h de laquelle on ressort minimum quatre sons, il faut une rigueur. Je le dis à tout le monde, au label, aux producteurs, aux managers, moi ce que je sais faire c’est du rap, alors eux ils se chargent du reste et moi je fais ce pourquoi je suis le meilleur.

iHH™ : C’est quoi la suite pour toi ?

Une version définitive, la sortie du projet sur les plateformes, le défendre auprès des médias. Des visuels aussi, à la base c’était une carte de visite et c’est devenu très sérieux, j’ai décidé de faire d’une passion un métier et maintenant je suis vraiment dedans. Grosse force à vous et allez écouter “Braddock” !