Lomepal, par Jules Faure

IHH™ LIVE REPORT : Lomepal au Zénith de Toulouse

Lomepal. Un nom qui suscite beaucoup de réactions, notamment dans le monde du hip-hop. Les débats fusent, pour savoir s’il est vraiment rappeur ou pas. Alors une chose, est sûre, c’est qu’il rap. Il chante aussi, certes. Mais en effet, ses prestations scéniques, aujourd’hui, s’apparentent plus à celles d’une rockstar. C’est donc une association de ces mondes, aboutissant à une musique que nous ne sommes pas obligés de catégoriser, offerte par Lomepal. C’est en tous cas ce qu’on a ressenti, ce dimanche 1er décembre, dans le Zénith de Toulouse. Un mois plus tôt, il était au Luxembourg, et on y était aussi.

Marie Sineux

Une entrée sur cette scène toulousaine sur des riffs de guitares accompagnés de lumière fusant dans tous les sens. C’est par le morceau “200“, de sa réédition Amina, que s’est introduit Lomepal à la ville rose. L’artiste a enchaîné sur “Lucy“, un son qui résonne différemment aujourd’hui. On pense alors instantanément à Népal. Le deuxième couplet de ce morceau, c’est un passe-passe du duo 2Fingz, composé de Népal et Doums. On voulait l’entendre ce passe-passe incroyable, inscrit à jamais dans les annales du rap français. On a aussi envie de faire résonner la voix de Népal dans une salle aussi grande qu’est le Zénith, pour que jamais elle ne s’éteigne. Lomepal avait déjà pour coutume de ne pas passer ce couplet dans certains de ses concerts. Il s’est alors contenté de faire le sien, et de répéter le refrain du morceau de nombreuses fois. On comprend largement son choix. Il a continué ensuite de chauffer le public avec d’autres morceaux plein d’énergie, comme “Mômes” par exemple.

Lomepal à la Rockhal au Luxembourg
Lomepal à la Rockhal au Luxembourg, photo de Maude JNVX

Lomepal a proposé des morceaux de “Jeannine”, de sa réedition “Amina”, et de “Flip”, l’album qui a lourdement contribué à accroître sa popularité. Bien sûr, le fameux “Yeux Disent” a été chanté par les quelques 11 000 spectateurs de ce Zénith complet. On comprend rapidement que la majorité du public le connaît d’ailleurs depuis “Flip”. Et ça, c’est un fait qui se confirme quand l’artiste décide de faire “Oyasumi“, sorti en 2016 dans l’EP “ODSL”. On le voit apparaître, au milieu du public, sans savoir comment il est arrivé là d’ailleurs. Mais la foule chante beaucoup moins que sur les autres morceaux. Il retourne sur scène en traversant le public, les cris des fans se font entendre dans toute la salle. Lomepal a un public très impliqué. C’est une chance incroyable.

10/10 pour une mise en scène originale

Il a bien sûr interprété quelques uns de ces featurings, et de façon assez originale. Sur “X-Men“, Jean Jass apparaît en hologramme sur la scène. C’est le même procédé lorsque “Montfermeil” retentit, la tête de Caballero bouge et rappe au-dessus de Lomepal. D’ailleurs, le décor et la mise en scène sont très bien faits. Deux mobiles, un cercle et cette sorte de planète, logo représentant Lomepal, planent au-dessus du rappeur, se mouvant gracieusement, avec beaucoup de fluidité. Ils accompagnent les mouvements de l’artiste, habille cette scène immense, normalement trop grande pour un homme.

À la fin de son dernier morceau, les applaudissements ne cessent pas. Les fans le réclament encore, et encore, Lomepal tarde à revenir pour le rappel. Un rappel magnifique, avec tout d’abord une jolie mélodie interprétée au piano par un certain “Faro” (désolé si j’écorche son nom), très doué. Il revient alors pour le magnifique morceau “Trop Beau”, et termine sur “1000°“, un de ses plus gros hits. 

Lomepal est fatigué, il l’a dit. Il enchaîne les projets, les tournées, les dates. Il va d’ailleurs se reposer, prendre une petite pause après cette série de concerts. Mais il s’affiche tout de même avec une énergie incroyable, et une voix encore impeccable. Son public le soutient corps et âme, et connaît ses paroles par cœur, c’est certainement ce qui doit lui donner cette force scénique malgré cet épuisement. Lomepal aura un repos bien mérité.