Le nouvel EP du rappeur EDGAR SEKLOKA, avec DJ JUNKAZ LOU, exalte le corps et la conscience

Sobre, prenant, l’EP « Sales Gosses Modernes », présenté le 29 mars au Solo Théâtre (Paris), invite à penser autant qu’à danser. Une double incitation opportune, en ce monde rude où sévissent algorithmes et guerres.

Sur les grooves aux mille moirures du DJ JUNKAZ LOU, le rappeur français EDGAR SEKLOKA sublime le langage du quotidien, transfigure le prosaïque en poésie, et inscrit sa colère sociale dans une conscience résolument collective. Au fil du six-titres « Sales Gosses Modernes », superbement réalisé par JUNKAZ LOU et PIERRE PIRATE, tandis que se déploie un rap d’une grande richesse, ses vers, vent debout, dansent autant qu’ils pensent. Et nous entraînent dans leur allègre farandole de la résistance, à laquelle nous pourrons nous joindre lors de deux rendez-vous parisiens. D’abord, le 20 mars 2026, à la Galerie TALMART, EDGAR SEKLOKA donnera un showcase dans le cadre du vernissage de l’exposition « Sales Gosses Modernes », qui réunira des toiles de JUNKAZ LOU, par ailleurs writer reconnu dans la scène graffiti internationale, et de HEK, collaborateur de longue date du DJ. Puis, le 29 mars 2026, au Solo Théâtre, EDGAR SEKLOKA opérera une performance poétique, à l’occasion de la release party de « Sales Gosses Modernes ».

Capsule vidéo de l’EXPO du 20 au 24 mars !

En prélude à son prochain album, « Le Sang Du Cahier » (à paraître en 2027), EDGAR SEKLOKA publie cet EP captivant, dans le sillage de deux recueils de poèmes, deux romans, un EP et quatre albums. L’ensemble de son œuvre met en évidence que, pour lui, écrire, ce n’est pas se regarder le nombril. Mais, plutôt, observer le nombril du monde en souffrance et, avec humilité, lui apposer le baume de l’espoir et de la poésie. Ce dont témoignent les thèmes qui, au gré de « Sales Gosses Modernes », évoquent l’addiction aux écrans, la grossophobie, les invisibilé.e.s, les violences policières, la maltraitance institutionnelle à l’encontre des immigré.e.s – dont la venue en France fut pourtant organisée par le capitalisme…

Mais le poète d’origine camerounaise et béninoise le répète, il importe de se donner les moyens de ne pas sombrer. « Malgré le coût et le poids de la vie je m’acharne à rester léger / Les vents de l’imaginaire m’emmènent au large / Mon dos a laissé tous mes fardeaux sur le rivage », vocifère-t-il dans « Qu’importe l’âge », sur les éclats de samples et de scratchs savamment distillés par JUNKAZ LOU.

Le rappeur dédie cet EP à sa mère, femme éminemment libre

Cet opus, qu’EDGAR SEKLOKA a dédié à sa mère, constitue plus largement un splendide hommage aux femmes, que le sexisme systémique voudrait claquemurer dans le donjon de ses injonctions. « Pour cet EP, je me suis appuyé sur le parcours d’une immigrée naturalisée qui, pour répondre aux insultes racistes et misogynes qu’elle essuie, danse sa différence avec volupté, nous explique le rappeur et écrivain. Au regard de la société malade qu’elle affronte, cette femme choisit de nourrir sa marginalité ; elle se préfère mise au piquet comme une bonne sale gosse plutôt qu’élève moyenne du système. Tant pis si la pensée dominante la considère délinquante, elle ne sera jamais servante. A travers les personnages et les sujets que j’aborde, je souhaite parler avant tout de celle qui m’a allaité, fortifié, aguerri ».

Photo : © HASHKA

« Débarquée en 1969, elle ne repartira plus / La France de Jean Ferrat l’a Ferré, elle en est férue (…) / Branche d’une génération née de la seconde Grande Guerre / Au hasard des brasseries, elle croise l’immigration taulière / Celle des assemblages voitures, des soudures au chalumeau / Celle qui lui ressemble, celle qui est employée par Renault« , scande EDGAR SEKLOKA, d’une placidité pénétrante, dans l’ode dédiée à sa mère (« Clandestine Légale »). Guitare rock aux envolées mélodiques, grunge mélancolique, samples peignant des textures nuancées, surgissement d’un riff de synthé basse et glissement vers une sorte de future-funk mystérieux… Minimaliste et sophistiqué, l’univers sonore ciselé par l’orfèvre JUNKAZ LOU met en lumière l’intensité contenue, prégnante, de l’alchimiste du verbe.

JUNKAZ LOU cultive l’insolente débrouillardise de la street

JUNKAZ LOU (a.k.a. JUNKY, son pseudonyme de graffeur) a accompli un énorme travail sur les arrangements, fignolant samples et sonorités, atmosphères et ruptures… Ses productions illustrent avec magnificence l’érudition musicale de cet instigateur invétéré aux multiples casquettes – DJ, producteur, compositeur, graffeur, peintre, fondateur du label Junkadelic Music… Pour lui, peu importe le flacon, dès lors que l’on a l’ivresse sonique. La reconnaissance de son foisonnant imaginaire polymorphe a essaimé jusqu’aux States. Il a signé des productions pour le fameux rappeur et producteur new-yorkais Kool Keith, la rappeuse pionnière Bams et le légendaire RZA (du Wu-Tang Clan), le rappeur américain O.C. (du collectif D.I.T.C.), le mythique et tourmenté rappeur-producteur Mr. Sche, le groupe électro Sporto Kantes, la rappeuse frondeuse Billie Brelok

Au cours de l’itinéraire époustouflant qu’il développe infatigablement depuis 35 ans, JUNKAZ LOU a trouvé le temps de concevoir l’ouvrage Substantia Nigra, (2023), qui associe un livre et un vinyle. Il y conjugue ses deux passions, musique et graffiti. Dans la première comme dans le second, il mixe couleurs et climats, chatoiements chromatiques et tonalités sombres, crépitement du tempo et plénitude du dépouillement. De la street, il cultive la débrouillardise farouche, insolemment inventive.

Le visuel de l’EP, dont Edgar a naturellement confié la création à JUNKAZ LOU, traduit les préoccupations sociales qui animent les deux fidèles complices d’art. « Il montre les événements survenus en décembre 2018 à Mantes-la-Jolie, lorsque des lycéen.ne.s ont été interpellé.e.s devant leur établissement par une police hostile, précise EDGAR SEKLOKA. Cette scène ignominieuse est rappelée dans la miniature d’une toile de JUNKAZ LOU. Pour moi, le visuel de l’EP raconte en outre, symboliquement, le parcours de ma mère. Ainsi, pour illustrer la vie d’une femme de plus de 70 ans, plutôt que d’afficher un portrait d’elle en guise de couverture pour l’EP, je prends le parti de montrer des adolescent.e.s de quatorze à dix-sept ans, agenouillé.e.s de dos et menotté.e.s. Comme si le même sample social se rejouait sans fin. Pourtant, parcouru d’un bleu terne confinant au noir et blanc, le cadre retrouve de la couleur sur le foyer incandescent que cachent les forces de l’ordre. Avec cet EP, j’aspire à incarner un petit feu d’espoir ».

La flûte franc-tireuse de LUDIVINE ISSAMBOURG

« Le jazz est le père du rap, souligne EDGAR SEKLOKA. Ces deux courants ont représenté – chacun à son époque – les exclus de l’ordre social et ont véritablement forgé une langue, une façon de s’exprimer, de vivre, de se libérer. Ils remettent en question les conventions, l’académisme, les assignations sociales et culturelles… Ce sont des musiques d’émancipation ». C’est pourquoi il a tenu à convier, sur le titre éponyme de l’EP, l’étoile montante du jazz, LUDIVINE ISSAMBOURG.

Cette improvisatrice de haut vol a prodigué sa créativité auprès de personnalités artistiques aussi diverses que le producteur hip-hop Wax Tailor, l’éminent Cut Killer, le regretté novateur du jazz manouche Christian Escoudé, les chanteuses cardinales Angélique Kidjo et Catherine Ringer, le groupe défricheur de l’acid jazz Incognito… Le cinquième album de LUDIVINE ISSAMBOURG, Above The Laws (sur le fureteur label Heavenly Sweetness, en 2024), a été acclamé par la critique. Depuis plus d’une décennie, sa flûte franc-tireuse batifole à travers jazz, électro, hip-hop, afrobeat, funk… Flûte virtuose qui virevolte, chuchote jusqu’aux confins du silence, ou encore défie facétieusement les codes, sur la brèche d’un groove en révolte.

Son engagement social, politique et poétique, le rimeur arrimé à ses rêves le porte dans toutes ses créations, ainsi qu’à travers les compagnonnages artistiques qu’il noue. Il intervient comme rappeur et comédien dans la pièce pluridisciplinaire « Wax Mood – Histoires d’identités tissées », de Hervé Sika (direction artistique, chorégraphie, textes) et de Léonore Confino (textes), dont la représentation, en 2025 au Théâtre de la Concorde (Paris), invita l’Orchestre de Chambre de Paris et des interprètes-détenus du Centre pénitentiaire de Meaux : une expérience artistique et humaine qui se révéla puissante, bouleversante, et qu’ovationna le nombreux public.

EDGAR SEKLOKA a rappé et chanté, en outre, dans « Les flammes, c’était moi », pièce de Sarah Mathon, dont il a signé la conception musicale et dans laquelle joue la comédienne et  »artiviste » Sofia Sept. Ce théâtre  »in situ »a été écrit par la comédienne Sarah Mathon, en mémoire des adolescents Zied Benna et Bouna Traoré morts tragiquement en 2015 à Clichy-sous-Bois, alors qu’ils étaient pourchassés par les forces de l’ordre. Pour EDGAR SEKLOKA, l’art constitue par excellence une arme de la non-violence braquée sur toutes les hydres de l’injustice.

FARA C.

INFORMATIONS PRATIQUES :

EP « Sales Gosses Modernes » (Suga Music), d’EDGAR SEKLOKA

EDGAR SEKLOKA, avec JUNKAZ LOU :

20 mars 2026, 19 heures, à la Galerie TALMART,

22 rue du Cloître Saint-Merri, 75004 Paris.

« Sales Gosses Modernes », Art Gallery Event, entrée libre :

– Vernissage de l’exposition des toiles de Junkaz Lou et de Hek, programmée du 20 au 24 mars ;

– Showcase d’EDGAR SEKLOKA

29 mars 2026, 17 heures, au Solo Théâtre, Paris,

138 boulevard Richard-Lenoir, 75011.

« Sales Gosses Modernes », release party, 20 euros :

Performance poétique d’EDGAR SEKLOKA

Billetterie : https://www.billetreduc.com/spectacle/edgar-sekloka-dans-sales-gosses-modernes-396446 

8 juillet 2026, au festival Cité en musique, à Domfront en Poiraie (Normandie),

« Sales Gosses Modernes »

27 juillet 2026, 14 heures, au Kiosque à musique, à Taverny (95),

« Sales Gosses Modernes »

https://www.facebook.com/Edgar.Sekloka/

https://www.facebook.com/junkazlou/?locale=fr_FR

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