Bekar - 23/09/2020
Photo : Michel Rubinel

Interview : Marie Sineux
Photos : Michel Rubinel

Bekar, c’est ce rappeur de Lille, recrue de Panenka, label de chez Wagram. Après avoir sorti son premier projet en 2019, il étend aujourd’hui à l’âge de 22 ans son répertoire avec sa mixtape “Briques Rouges“, sortie ce 25 septembre 2020. Très introspective, elle lui permet de se présenter à son public mais aussi aux nouveaux auditeurs dont le nombre ne cesse d’augmenter. Bekar touche un peu plus nos coeurs dans “Briques Rouges“, et nous fait découvrir son environnement, qui, malgré le mauvais temps et les briques rouges omniprésentes, semble très attachant.

IHH Magazine est allé à la rencontre de Bekar, 3 jours avant la sortie de “Briques Rouges“.

iHH™ : Salut Bekar, ça va ?

Bekar : Salut, ça va et toi ?

iHH™ : Très bien merci ! J’ai vu que tu avais repris la scène la semaine dernière avec les Inouïs du Printemps de Bourges.

Bekar : Ouais, après 7 – 8 mois !

iHH™ : Ça t’a fait plaisir ?

Ouais franchement. Ça m’a fait ultra plaisir. On a retrouvé les sensations des concerts, même si c’est dans un cadre particulier. Il y avait très peu de public. C’était devant des professionnels, un jury. Les gens sont assis avec un masque. Il n’y a pas l’ambiance et la folie qu’il peut y avoir dans un concert mais tu retrouves quand même des sensations, tes marques. Donc ouais, j’ai grave kiffé.

iHH™ : T’as pu faire des sons inédits de “Briques Rouges” ? 

J’en ai fait qu’un. Si ça ne tenait qu’à moi j’aurais fait que des sons du nouveau projet. Mais ça se travaille, il faut des résidences, les morceaux doivent sonner sur scène. On était tellement dans le speed de tout ce qui arrivait là, de la sortie du projet. Et puis je bosse avec une petite équipe. C’est mon beatmaker qui s’appelle Lucci qui fait toutes mes instrus qui les travaille pour le live. Du coup on n’a pas vraiment trouvé le temps. On a eu qu’une répétition et on a fait qu’une seule exclue qui est “Maux de tête”, le deuxième son du projet. Sinon on a joué que des morceaux du set qu’on a toujours fait.

iHH™ : C’est une promotion qui est un peu particulière du coup cette année. Je suppose que pour toi la construction de “Briques Rouges” a été tout aussi particulière ?

Ouais, franchement. J’ai commencé le projet en juillet – août 2019 tu vois à peu près. C’est là où j’ai commencé à réfléchir au truc, où les premiers morceaux sortaient. J’ai enregistré pas mal de morceaux en septembre – octobre à peu près. En décembre un petit peu moins. On avait tous les deux un peu moins d’inspi avec Lucci, lui dans ses prod°, moi dans l’écriture. Et puis le confinement… Au début ça m’a fait grave un choc dans ma manière de travailler parce que du jour au lendemain tu te retrouves chez toi. Moi je suis casanier, mais en même temps je ne kiffe pas trop écrire dans ma chambre, j’ai besoin d’être dans un mood particulier, dans un environnement, d’aller marcher. Je me nourris grave de tout ce qui se passe à l’extérieur donc du coup quand tu te retrouves un peu cloîtré entre quatre murs c’est un peu difficile au début de trouver de l’inspiration pour les morceaux. Et puis d’un coup, tout s’est débloqué, au bout d’un mois de confinement je crois. L’inspiration est revenue. J’ai grave bien écrit, on s’est remis à faire des morceaux. On a trouvé une formation “spéciale confinement” pour aller enregistrer les morceaux. Lucci, mon beatmaker, habite tout près de chez moi. On a rapatrié tout le matos du studio, on l’a mis chez lui. J’allais passer mes soirées là-bas pour faire du son. 

iHH™ : Du coup c’est peut-être une inspiration différente que tu as eu comme tu ne pouvais pas trop te nourrir de ce qui se passait dehors ?

Ouais je pense grave. Franchement c’était complètement différent. Moi j’aime bien bouger. J’écris pas mal en marchant, il y a pas mal d’idées qui me viennent quand je marche. Donc forcément ça a changé plein de trucs le fait d’être confiné chez moi. C’était comme ça, on n’avait pas le choix, donc il a fallu l’accepter et faire avec.

Bekar - 23/09/2020
Photo : Michel Rubinel

iHH™ : Justement j’ai vu une différence par rapport à “Boréal”, ton projet précédent. J’ai trouvé que “Briques Rouges” était plus introspectif. Tu parles beaucoup de ta vie, c’est assez personnel. Est-ce que c’est le confinement justement qui t’a plus fait écrire sur ta vie ?

Non pas forcément. Je ne pense pas que ce soit le confinement. Tout simplement, “Boréal”, c’était mon premier projet. Je n’y connaissais absolument rien en soi, sur comment construire un projet, des morceaux. Tout ça, ça s’est fait par la rencontre avec Lucci qui avait déjà cette expérience-là. C’est un vrai musicien. Il a baigné toute sa vie dans la musique. Son père avait un groupe de musique, c’est un batteur de très haut niveau. Lucci pareil, il est guitariste aussi. Il n’est pas que dans le rap. Il est dans la pop, dans le rock, dans plein de trucs. Du coup je pense que ça se ressent dans la musique que l’on produit. Sur “Boréal”, son univers est venu se mêler au mien. C’est là où j’ai appris comment construire un morceau, avec ses prod°, à faire des mélodies. “Boréal” c’était mon premier projet, je testais plein de choses. J’étais encore très rattaché je trouve au côté très technique que j’aime dans le rap, qui m’a fait kiffer.

iHH™ : Tu es un kickeur de base.

Ouais franchement je pense. J’ai baigné là-dedans, c’est le kickage qui m’a fait kiffer le rap. Sur “Boréal” il y avait pas mal de ça, quand je rappais parfois je n’allais pas forcément pousser la réflexion dans des choses que je pouvais ressentir par exemple. Dans “Briques Rouges” c’était vraiment ma volonté. Je voulais vraiment un truc qui me soit propre, où je raconte là d’où je viens, où j’ai grandi, ma jeunesse, tout ce qui s’est passé. Je ne pense pas que j’ai une vie si particulière. J’ai la vie d’un jeune tout à fait lambda. Mais disons que mon parcours dans le rap a été un petit peu différent parce que je ne viens pas de Paris, je ne viens pas de Marseille, je ne viens pas des grosses villes rap fr où tu trouves plein de rappeurs partout, il y a des gros noms qui sont sortis de ces villes-là. On a fait notre petit bonhomme de chemin à Lille. Je pense que c’était vraiment différent d’un jeune rappeur qui est à Paris ou à Marseille. On n’avait pas forcément accès aux concerts de rap par exemple. Les open-mics ce n’était pas un truc qui était ultra présent dans notre ville. J’allais beaucoup à Paris, on prenait le train. Cet esprit-là je l’avais déjà avant dans le skate. J’ai fait beaucoup de skate avant le rap. On était très débrouillards. On prenait le train, on allait à l’autre bout de la France pour deux jours, on skatait partout. Je trouve que j’ai grave gardé cette mentalité-là dans le rap. 

Donc en fait “Briques Rouges” c’est ultra introspectif, très personnel. C’était vraiment ma volonté dans ce projet-là de raconter “mon histoire”, l’environnement dans lequel j’ai grandi, qui m’est propre. Les briques rouges ça fait référence à l’architecture de ma ville. Toute ma vie s’est passée entre ces murs. Je trouvais que ça représentait parfaitement bien le projet.

iHH™ : Tu parles vraiment de ta jeunesse, de ta famille, de ta vie de couple. Ça ne te fait pas peur justement de dévoiler tout ça vendredi ?

Non. C’est pas un truc qui me fait peur parce que je n’ai pas du tout honte de qui je suis. Je n’ai pas non plus de fierté, mais je suis juste moi-même. J’ai toujours pris le rap comme un échappatoire et un moyen pour moi d’exprimer des choses, comme beaucoup de rappeurs. J’ai toujours accordé énormément d’importance à la plume et au fond. C’est bête ce que je vais te dire, mais j’ai toujours kiffé entendre les problèmes des gens dans le rap. Du coup raconter ma vie, m’étaler à travers la musique, ce n’est pas un truc qui me fait peur parce que je me suis toujours servi du rap pour faire ça. Des périodes compliquées dans notre vie on en a tous. Il y en a, c’est le sport, pour moi c’est le rap et écrire qui m’aide. Je n’ai jamais eu peur d’exprimer qui j’étais, de parler de ma famille, de mes proches, de mon équipe, de qui je suis, de ma relation de couple. Ce n’est pas un truc qui me fait peur. Je n’appréhende pas du tout ça.

iHH™ : Justement dans une autre dimension, je trouve que des morceaux comme ceux-ci qui sont assez personnels peuvent permettre aux gens de se reconnaître un peu et de les aider s’ils traversent une situation un peu similaire.

Ouais, à mort ! Ce n’est pas forcément ma volonté quand je commence un morceau. Je le dis à la fin du projet, dans le dernier morceau, je ne cherche pas à aller chercher ce qu’il y a d’universel, ce qui pourrait toucher les gens. J’essaye juste d’être sincère, qui je suis. Si les gens se reconnaissent dedans, c’est bien, ça me fait plaisir ! Après “Boréal” j’avais des gens qui me disaient “ce que tu dis, ça me parle de fou, j’ai vécu la même chose.” Pourtant, on ne se connait pas avec ces personnes. Donc je suis grave content si ma musique peut t’aider à passer une épreuve, si ça te parle tout simplement. Mais ce n’est pas forcément ce que je cherche quand je fais un morceau. 

iHH™ : Il y a un autre aspect que j’aimerais aborder. Dans “B.E”, tu dis “fumer la verte j’en ai trop marre”. On voit de plus en plus de rappeurs j’ai l’impression parler de façon péjorative de ça au lieu de le “glorifier” presque. C’est le cas de Freeze Corleone dans son dernier projet qui parle de la lean de cette manière-là. Est-ce que savoir que tu as des jeunes qui t’écoutent aussi ça te motive à en parler comme ça?

Non. Franchement je me dis pas que je dois sensibiliser les jeunes. Je suis personne pour donner des leçons de morale. Pour moi c’est arrivé quand j’étais au lycée, ça fumait autour de moi, j’ai commencé à fumer. Au début c’est cool. Tu kiffes l’état dans lequel ça te met, ça te pose, tu rigoles avec tes gars. Et puis après ça part tout ça. Tu te rends compte que tu te mets à fumer tout seul. Il n’y a plus le côté convivial du truc. Avec le temps ça m’enferme de ouf. Moi, de base, je vais être honnête avec toi, je suis grave angoissé. Les angoisses, j’en ai régulièrement, au quotidien, et ces derniers temps ça m’a grave causé des problèmes dans ma vie. Même au niveau de ma santé, avec les troubles de l’anxiété tu peux ne plus dormir, tu peux avoir des problèmes au ventre. Ça dérègle plein de choses. En tout cas la beuh a eu cet effet sur moi. J’ai des potes, rien à voir. Je pense que la fumette agit différemment en fonction des gens. Chez moi, ça réveille des trucs qui sont pas très cool. Pas tout le temps bien sûr, mais plus dans les moments où je suis tout seul, où je suis en train d’écrire, pendant des périodes où je suis stressé, où des choses se passent. Dernièrement, des choses se sont accélérées. Par exemple : le confinement. Je me suis retrouvé tout seul du jour au lendemain dans mon appart loin de ma famille. Forcément, qu’est-ce que je faisais de mes journées ? J’écrivais, je jouais à la play avec mes gars et je fumais. À long terme, je commençais à devenir bizarre, je l’ai senti. C’était la première fois que je sentais que ça agissait de manière nuisible sur ma personne. Je ne vivais pas bien le truc. Quand je dis “fumer la verte j’en ai trop marre” c’est que je kifferais de dingue ne plus fumer. C’est un putain de vice parce qu’à chaque fois ça revient. Après le confinement, je n’ai plus fumé pendant un mois et demi, deux mois. Au final, tu te retrouves avec tes gars l’été à la plage, c’est reparti. Mais ça dépend des périodes. Il y a des moments ça va très bien et des moments plus compliqués. Je pense que la fumette ce n’est pas un truc pour tout le monde. Je sais que si je fume trop pendant trop longtemps, ça ne va pas avoir une bonne influence sur mon état d’esprit.

iHH™ : Il y a un morceau qui s’appelle “Soleil s’allume” qui parle de ton parcours et de comment tu es arrivé là où tu es aujourd’hui. En fait, ce n’est que ton deuxième projet et tu as acquis une notoriété quand même assez grande, tu as déjà un beau parcours. Tu es passé aussi sur La Relève de Deezer. Est-ce que ça t’a aidé à agrandir ton public ?

Pour le public je ne sais pas, mais en terme d’expérience ça m’a grave apporté. Parce que la pour la première fois je me rendais compte d’un autre côté du rap que je n’avais jamais vu. Le côté plus industrie, où ce sont des gros moyens qui sont développés. Je me souviens de la journée de tournage pour toute la promo de La Relève de Deezer, les photos, le shooting, c’était un truc de fou pour moi. On s’est retrouvés à côté de Paris, dans un château qui avait été loué pour l’occasion, avec un staff de dingue, des gros moyens. C’est là-bas d’ailleurs où j’ai rencontré un peu Fonky Flav, il était venu avec Tsew The Kid. On avait grave échangé ce jour-là, même si je l’avais déjà vu avant. Ça m’a apporté plein de choses.

iHH™ : J’allais justement te poser la question de la connexion avec Panenka, Fonky Flav. Tu dis dans le son “Soleil s’allume” que t’écoutais 1995. On est de la même génération et c’est vraiment un groupe qui a marqué notre collège. Du coup aujourd’hui tu dois être grave fier de bosser avec un mec que t’écoutais à l’époque.

Oui, forcément il y a de la fierté. Parfois je me dis “c’est pas possible, c’est un truc de fou.” Franchement j’avais 13 ans, donc il y a quasiment 10 ans, ils étaient en plein essor. Il se passait plein de trucs pour eux, on les voyait partout, leur disque on l’entendait partout. Et puis il y a aussi L’Entourage, le S-Crew, toute cette vague-là. J’aimais beaucoup ce qu’ils apportaient en fait. Ils avaient ce côté débrouille, on fait le truc qu’on aime à fond, tant pis si on n’a pas de moyens, on le fait quand même, on fait tout nous-même. Et moi dans le skate à cette époque-là, on allait skater partout, on construisait nos trucs, on allait à droite à gauche. C’était grave en cohérence avec ce que je faisais, la mentalité qu’on avait avec l’équipe. Donc ça m’a grave marqué à l’époque. Fonky il est plus trop là-dedans, il a sa vie de famille, son taf, le temps est passé.

La rencontre s’est faite au Printemps de Bourges en 2019. À un moment, le tourneur de PLK me dit qu’il va me présenter quelqu’un. En fait, c’était Fonky, c’était un truc de fou. Quand tu viens de Lille, tu ne vois pas tous les rappeurs, tu ne les côtoies pas. T’as ce côté où ça t’impressionne, ça te parait tellement loin de toi. Tu les vois dans les clips, ça fait des millions de vues. Le gars vient pas du quartier d’à côté, tu l’as jamais croisé, c’est pas le pote d’un pote. Donc quand je vois Fonky Flav la première fois je me dis que c’est un truc de fou. J’étais avec Raph, mon producteur aujourd’hui. On a parlé, il me connaissait un peu, il avait écouté mon projet, il trouvait ça cool. On a échangé nos numéros et on a gardé contact. Je lui envoyais des sons, il kiffait. Un jour il est venu à Lille dans notre studio, il a écouté des sons et après il s’est positionné, il m’a dit qu’il était chaud de faire cette route avec moi. Pour moi c’était vraiment le modèle qui me représente le plus. On aurait pu signer ailleurs, Panenka ils sont arrivés à la toute fin, il y avait d’autres grosses majors. Mais je ne voulais pas rentrer dans un truc comme ça. Là c’est une petite équipe. J’aime bien ce côté très familial. Moi j’ai cette mentalité-là, les gens que j’écoute ont cette mentalité-là, je veux garder ce côté très famille sans aller m’enferme dans un truc qui est une usine.

iHH™ : T’as écris un très beau morceau qui s’appelle “Zou”, qui parle de ta copine. Est-ce qu’elle l’a écouté avant que tu le mettes sur le projet.

C’est gentil, ça fait plaisir ! Oui bien sûr. Il a été fait en octobre dernier quasiment donc je ne pouvais pas le garder un an avant qu’il sorte. Elle l’a écouté, elle a kiffé. 

iHH™ : Ça doit lui faire quelque chose de voir ce morceau sortir vendredi.

Ouais, ça lui fait un truc, elle est grave contente. J’ai envie que les gens se prennent ce morceau-là, mais je n’irais pas la montrer ou quoi que ce soit. Je n’ai pas envie qu’elle soit mêlée à tout ça. Je sépare grave le côté professionnel de la famille, l’entourage. En tout cas elle est hyper contente de ce morceau, elle le kiffe de dingue.

iHH™ : T’as aussi un morceau qui s’appelle “Avant ça”, qui aborde des sujets un peu plus compliqués. Le rap prend beaucoup de place parce qu’en plus d’être un métier c’est une passion. T’as dû faire des sacrifices ?

Clairement ouais. Les gens viennent d’écouter 17 morceaux quasiment, le dernier je lui ai un peu dédié : “je sais que t’étais là bien avant tout ça”. Je rappais déjà avant d’être avec elle, mais il y a 4 ans il y avait rien. Je n’avais pas sorti de projet, j’avais très peu sorti de sons, c’était des freestyles sur Facebook, il n’y avait rien du tout. Évidemment quand tout ça arrive ça change la vie, j’ai arrêté mes études, j’ai que mon bac. La musique est devenue ma priorité, j’ai une équipe, c’est devenu professionnel, j’ai signé des contrats, tout a changé. Et elle, c’est la personne la plus touchée par ça, elle est avec moi au quotidien, elle est au courant quand ça va pas, quand ça va, quand il se passe des trucs c’est la première que je vais prévenir. C’est la première impactée. Je pense que quand t’es la copine d’un artiste ça ne doit pas être facile à vivre. C’était important pour moi de lui dédier ce dernier morceau, de parler de comment le rap a pu impacter la relation.

iHH™ : Pourquoi tu n’as pas voulu faire de feat sur ce projet ?

Ce n’est pas que je n’ai pas voulu, c’est que ça ne s’est pas fait. Je n’étais pas du tout fermé à l’idée de faire des feat. Pour moi un feat c’est hyper important, je ne vais pas faire un feat histoire de faire un feat. On doit vraiment apporter une couleur musicale, ramener un truc qui va faire kiffer tout le monde, qui va mettre d’accord tout le monde et qui va me faire kiffer moi et l’artiste avec qui je fais ce featuring. Pour l’instant j’ai 22 ans, je suis au tout début, je me dis que j’ai tout le temps pour faire les feat que j’ai envie de faire. Il faut que les gens comprennent ma musique, que les artistes la comprennent. Je n’ai pas envie qu’un gars soit “forcé”, parce que mine de rien, aujourd’hui il y a des featurings qui se font par l’intermédiaire des managers et producteurs, c’est un échange d’intérêts. Pas tout le temps, je ne veux pas faire de généralités là-dessus. Moi j’ai envie que la personne avec qui je feat kiffe ce que je fais, que je kiffe ce qu’elle fait. Connexion humaine avant tout. On avait des noms sur le projet. Moi j’avais en tête Kobo, Isha, Oboy, Jazzy Bazz. Ça ne s’est pas fait, soit parce qu’il n’y a pas eu de réponse, soit parce qu’il n’y a pas eu de demande finalement, ou par mauvais timing, ce qui était le cas pour Jazzy Bazz. Il était sur son projet. On lui a envoyé le morceau, il a kiffé de dingue, mais il était en pleine résidence sur son projet.

iHH™ : Est-ce que tu penses déjà à la suite ? Parce que ça fait déjà un an que tu bosses sur “Briques Rouges”, donc tu anticipes. Est-ce qu’on peut espérer un album pour la suite ?

Ouais, c’est sûr qu’il y aura un album ! J’espère en faire plusieurs même. Je ne sais pas si je me lance tout de suite sur un album. Ce sont des choses qu’on doit voir ensemble avec l’équipe aussi. Évidemment il y a ma volonté d’artiste. Mais je me demande s’il n’est pas encore un peu tôt, l’avis de Fonky Flav va être grave important pour ça. Est-ce que pour lui je suis prêt à faire un album ? Parce qu’il a l’expérience, il connaît, il a développé des artistes, PLK qui a sorti peut-être 6 projets jusque là. Pour moi l’album il doit sortir au bon moment et j’accorde une importance de dingue au premier album. Pour moi le premier album d’un artiste ça doit tout niquer ! Je n’ai pas envie de me planter là-dessus. Du coup je pense que je vais bien prendre mon temps pour le faire. Est-ce que ce sera un EP avant, est-ce que ce sera encore une mixtape ? Ou alors est-ce que ce sera l’album ? J’en ai aucune idée pour le moment, je n’ai pas envie de me projeter là-dessus. Là on va sortir “Briques Rouges”. Mais en tout cas, pour la suite, la seule volonté que j’ai c’est faire du son, à fond, toujours, avec mes gars, avec la même équipe. J’espère faire des featurings, ça me ferait kiffer de me retrouver en studio avec un autre artiste, bosser un gros morceau, apparaître sur le projet d’un autre artiste, pas forcément sur mes projets. Des rencontre musicales, d’artistes que j’écoute, que j’ai écouté. C’est comme ça que je vois la suite. Et continuer à faire du son comme j’en ai toujours fait, voire encore plus. Quand t’es vraiment passionné par ça, t’as toujours envie de faire plus.

iHH™ : Merci beaucoup Bekar !

Merci à toi !

Briques Rouges” est disponible depuis le 25 septembre 2020 sur toutes les plateformes de streaming.