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Qui se cache derrière la pochette du dernier DJ Vadim ?

Fin septembre, le producteur DJ Vadim a sorti Dubcatcher 3: Flames up!, dernier volet d’une trilogie entamée avec Dubcatcher (2014), puis Dubcatcher 2: Wicked my Yout (2016). Outre les sonorités drum’n bass, électro et bien sûr dub qu’on retrouve à différents degrés sur les trois projets, un autre point commun relie ce dernier aux autres: la pochette. Visuellement forte et référencée, elle met en scène le personnage du Dubcatcher dans un style comics, œuvre de l’artiste lillois IshamOne. L’occasion pour iHH™ Magazine d’en savoir un peu plus sur sa relation avec DJ Vadim mais aussi de parler de son actu chargée, entre la réalisation d’affiches de concerts et une expo photo consacrée aux Black Panthers.

Interview : Aurélien SAVART

iHH™ Magazine : Comment la collaboration avec DJ Vadim a-t-elle pris forme ?

IshamOne : Pour sa venue à Lille en 2015, on m’avait commandé l’affiche pour son concert au Flow. J’avais décidé de la jouer en mode vieille affiche de film. Je me suis inspiré de la pochette du premier volume Dubcatcher, un super héro avec une combi verte, alter ego de Vadim. Je l’ai un peu pimpé, en mode comics – car je suis un grand fan,  avec différentes saynètes dans des cases. La seule direction que j’ai eu, c’est de reprendre le personnage.

DJ Vadim a tellement kiffé qu’il m’a contacté quelques mois plus tard pour réaliser la pochette de son projet Dubcatcher 2 : Wicked my Yout.

Il a aimé mon travail et m’a reconduit pour le le dernier en date Dubcatcher 3 : flames up!

 

 

Quelle était la direction pour la pochette du volume 2 ?

Même chose que pour l’affiche du concert, j’avais carte blanche si ce n’est garder le personnage évidemment. C’est une déclinaison de ce que j’ai pu faire pour son concert. J’ai eu la chance de faire toute la créa du disque, double gatefold, mise en page…

Et pour le volume 3 ?

Carte blanche encore. La direction cette fois-ci, c’était que le projet était plus axé reggae/dance hall. Je me suis donc inspiré des vieux 45 tour de reggae de l’époque, en mode illustration, un peu naïfs, avec une touche de comics toujours. En imposant le Dubactcher comme le défenseur du vinyle face à un monstre godzillesque représentant le mal, d’où le collier Babylon. J’ai ajouté une phrase en jamaïcains aussi pour coller encore plus à l’ambiance de l’album. Il faut savoir que Vadim maitrise très bien l’argot jamaïcain !

Justement, quelle est ta relation avec DJ Vadim, comment travaillez-vous ensemble ?

Pour être honnête, je l’ai rencontré en chair et en os pour la première fois début octobre lors de son passage à Lille au Riddim. En général, on travail à distance. Il m’envoie quelques sons du projet sur lequel je dois bosser. J’aime bien car ça me donne une idée de la couleur du disque et je m’en inspire pour l’univers graphique de la pochette. J’ai un énorme respect pour lui, c’est un grand artiste. Certaines de ses pochettes sont mythiques. Il a toujours bossé avec des graffeurs. Comme avec Delta sur U.S.S.R. Life From The Other Side (1999, Ninja Tune). Il a un label français qui s’appelle Soul Stereo. Après des années passées à Londres, il vit à Barcelone maintenant.

En plus des covers de DJ Vadim, tu réalises également des affiches de concerts hip-hop…

Ça a commencé avec une affiche/flyers pour les Beatnuts en 2011 que j’avais réalisé pour leur concert à la Bellevilloise. Ils avaient trouvé ça génial. Depuis je continue. Je collabore avec Hello Paname, une boîte qui organise des événements sur Paris et fait de la promo aussi. Ils me commandent régulièrement des visu. La seule contrainte que j’ai est de respecter les textes sinon j’ai carte blanche.

Pour celle d’Onyx et Busta Flex, j’ai fait un mix entre les affiches de films de genre et les vieilles affiches de films français avec Belmondo par exemple. J’ai ajouté des références aux films catastrophes car Onyx c’est le chaos ! Je fonctionne comme un producteur de son, je sample des références visuelles à droite et a gauche pour crée quelque chose. Je n’ai pas fait d’école de graphisme donc j’ai une touche particulière, pas classique. J’utilise rarement le logo initial des groupes mais j’aime le retravailler. Là, en l’occurrence, j’ai repris le logo du groupe pour en faire un soleil malfaisant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Celle de Jedi Mind Tricks (le 23 novembre au Pan Piper) est directement inspirée des films violent des années 70’s comme Delivrance ou l’Inspecteur Harry.

Je suis parti du kit promo (photo). J’aime bien rajouté une baseline que je vais chercher dans les lyrics de l’artiste, donc je me prends quand même un peu la tête l’air de rien ! Comme sur les vieilles affiches de films genre “il revient”

Tu as également supervisé l’exposition photos sur les Black Panthers : Power to the People, (visible à la Maison Folie Moulins de Lille jusqu’au 6 janvier).

J’ai travaillé en tant que graphiste pour la comm’ de l’expo, dont affiche. J’ai eu un rôle de conseiller pour toute la scénographie aussi. Quand on sait que Stephen Shames a réalisé 80 % des photos des Black Panthers qui existent, ça a été un super challenge et un honneur de bosser là-dessus !