IHH-magazine-7

iHH#7 : L’édito en exclu !

Kanye West et Azealia Banks étant des fans déclarés de Donald Trump, à la hauteur du nouvel occupant de la Maison Blanche sur le fronton de laquelle il fera bientôt graver “In Idiocy & Vulgarity We Trust”, on les imagine facilement venir prochainement errer dans les jardins et les salons dorés de l’Élysée. Les riches aiment se prêter et s’échanger leurs amis fortunés. Magie des codes de l’oligarchie, qu’importe la couleur, l’idéologie, la discipline ou la religion, ça peut toujours servir pour de futures affaires. Il n’aura échappé à personne que depuis le 7 mai, la France a élu un nouveau président, Emmanuel Macron, et que depuis le 14 juillet, comme le mari embarrassant de Kim Kardashian, il est officiellement devenu admirateur zélé du pire président que les Etats-Unis aient eu à infliger au monde depuis Nixon, à moins que ce ne soit Reagan ou la dynastie Bush…

Quoi de plus normal lorsque l’on scrute le parcours de celui qui n’a à ce jour à son crédit que deux petits mérites. Le premier, c’est d’avoir trahi la clique Hollande/Valls/PS. Le second, c’est d’avoir battu l’héritière millionnaire et hip-hopophobe de la dynastie Le Pen au second tour de la présidentielle, consternant duel de façade orchestré sans finesse par les dominants qui possèdent la quasi intégralité des médias, milieu faisandé auquel iHH™ Magazine se targue de ne pas appartenir.

À la grande différence de ceux qui sont contraints de courir après pour tenter de s’extirper de la misère de leur vie de forçats, le nouveau président se vautre dans la fascination pour l’accumulation compulsive de richesse, une passion qu’il suit à la trace depuis son unique expérience professionnelle comme banquier d’affaire. À chaque intervention, il expose avec une édifiante suffisance son statut de privilégié et son mépris absolu “pour ceux qui ne sont rien”, perpétuant la tradition de haine de classe dont les présidents de la République se sont faits les zélés porteurs, du “Kärcher antiracailles” éructé par le magouilleur Sarkozy aux “sans-dents” de l’affligeant Hollande en passant par “le bruit et l’odeur” ouvertement raciste de Chirac.

Évidemment, cet étalage de fringues et de pompes coûteuses, de restaurants hors de prix, de punchlines empruntées pêle-mêle à un salon de DRH et aux communiqués du MEDEF, d’exaltations virilistes en compagnie de militaires et de policiers armés jusqu’aux dents qui répriment sans discernement, ne choquent pas grand-monde dans le petit cercle des médias, pourtant si prompt à tirer à boulets rouges sur tout ce qui est étiqueté à la hâte par d’ignorants crétins comme matérialiste, sexiste, violent, antisocial ou supposé comme tels quand cela est le fait d’artistes hip-hop.

Cette 7e livraison de la nouvelle formule de iHH™ met en lumière une fois encore l’abîme qui nous sépare des donneurs de leçons de la sphère politique, à 95 % sur la même longueur d’onde capitaliste et champions toutes catégories de la duplicité, des pseudo chevaliers de la sécurité et de la probité du FN, parti qui compte plus de repris de justice qu’une cité chaude, et de la soi-disant France Insoumise dirigée en grande partie par des anciens du PS recyclés, toujours compatibles avec le capitalisme et dont certains vont jusqu’à se faire salarier par le milliardaire Bolloré ! Cherchez l’erreur… Comme le bon rap, les forces politiques proposant une réelle réappropriation populaire et économique, malgré des succès locaux ponctuels, restent boycottées par les médias qui s’accommodent parfaitement de la déliquescence sociale et culturelle du plus grand nombre dont ils sont artisans et complices.

Pas de renégats au sommaire de ce nouveau iHH™, mais des artistes sincères qui, comme Masta Ace, IAM, Mac Tyer, les Sages Po ou encore Disiz La Peste en couverture pour son grand retour, animent la scène hip-hop depuis plusieurs décennies en se réinventant sans cesse et sans jamais renier leurs origines. Comme à son habitude, iHH™ présente le hip-hop international dans sa grande multiplicité et son incroyable richesse, de l’Anglais Lethal Bizzle à Féfé du Saïan Supa Crew, en passant par la sensation belge Damso, le producteur canadien Boi-1da, le parisien DJ Tren, les virtuoses américains Apollo Brown et Jonwayne, les DJ’s champions du monde DJ Fly & DJ Netik, le subtil et trop méconnu Vîrus ou encore des artistes marquants du moment comme Lacrim, Lil Dicky, Napoleon Da Legend, Dooz Kawa ou Deen Burbigo. Pas de doute possible, vous avez bien entre les mains l’unique magazine hip-hop francophone, associatif et internationaliste !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

TEXTE : YANN CHERRUAULT – PHOTO : PUTSH.ONE