N°7 (septembre 2017)

Retrouvez dès maintenant iHH™ Magazine, l’unique magazine hip-hop, chez tous les marchands de journaux, Relay™ (gares, aéroports…), kiosques et points presse (tabacs, super et hypermarchés, etc.) de France, Suisse, Belgique, Canada, Luxembourg et plus de 25 pays !
Un sommaire massif sur 116 pages, avec Disiz pour sa première couverture depuis bien longtemps, ainsi que des dizaines d’autres artistes en interviews XL (et XXL !) exclusives, détaillées ci-dessous et en écoute dans la playlist du mois. Mais aussi des news, une multitude de chroniques, des dossiers thématiques…


DISIZ LA PESTE
Inlassable kickeur, passionné toujours pas émoussé par les mutations constantes du hip-hop auxquelles il s’adapte avec brio, Disiz La Peste n’est plus le MC insouciant de ses jeunes années. Avec “Pacifique”, douzième album sorti en début d’été, il démontre une fois encore qu’il n’a rien perdu de sa pertinence trans-générationnelle et que ses talents d’écriture sont désormais tout autant au service de l’entertainment que de son regard tendre et acerbe sur le monde tel qu’il ne va pas. Un des prestiges de la rime francophone.

DAMSO
Coopté par Booba au sein du 92i, le rappeur de Bruxelles squatte le sommet des ventes depuis 2016. À l’occasion de la sortie du projet “Ipséité” où l’on retrouve un beau condensé d’outrance et de talent, iHH™ Magazine a rencontré un Damso qui a le triomphe modeste.

MASTA ACE 
Légende vivante qui a contribué à la flamboyance du Juice Crew de Marley Marl dès la fin des années 1980, Masta Ace a vite acquis la reconnaissance générale grâce à sa dextérité verbale et à la densité de ses textes. Malgré la grave maladie qui le harcèle depuis 20 ans, il n’a rien lâché et charbonne le plus assidûment possible de studios en salles de concert comme l’attestent la sortie récente de l’album “The Falling Season” et la tournée qui a suivi. Nous l’avons rencontré en exclusivité pour un gros focus sur l’ensemble de sa carrière !

BASTARD PROD
Cela fait des années que Furax Barbarossa, 10vers, Sendo, Abrazif et Toxine démontent toutes les scènes de France et de Navarre sous la bannière Bastard Prod. Après de multiples projets solo, 2017 est une année à marquer d’une pierre blanche pour le quintet qui sort enfin un premier album dense et percutant !

MAC TYER
Contrairement à beaucoup de ses confrères, deux décennies derrière le micro n’ont en rien terni la réputation de Mac Tyer. Jamais à la ramasse, tant dans ses textes que dans le choix des prods, la moitié historique du cultissime duo d’Aubervillers, Tandem, n’a pas fini d’inoculer de l’intelligence et de la lutte des classes dans son rap certifié rue.

JONWAYNE
Ancien joyau du label Stones Throw, détonateur du retour de la cassette sur la côte Ouest, Jonwayne a dû sérieusement batailler pour ne pas être terrassé par ses démons éthyliques. Avec “Rap Album Two”, il rappelle avec autorité qu’il est toujours un grand MC, doublé d’un redoutable producteur.

IAM
Avec une longévité rarement atteinte y compris aux USA, les vétérans marseillais semblent pourtant loin d’avoir épuisé leurs potentiels créatif et revendicatif. “Rêvolution”, leur 9e album, donne à entendre une envie de performance intacte. En bonus pour iHH™, ils reviennent ensemble sur six de leurs albums majeurs, richement commentés.

SKYZOO & APOLLO BROWN 
Espérée depuis de nombreuses années, l’alliance entre l’un des meilleurs MC’s new-yorkais et l’un des producteurs emblématiques du renouveau boom-bap de Detroit n’a pas déçu. “The Easy Truth”, fruit de cette collaboration, est un des grands albums de 2017 et l’occasion parfaite pour revenir avec eux sur leurs processus de création et l’impact attendu sur leur auditoire.

DOOZ KAWA
Artiste atypique, l’alsacien Dooz Kawa a fourbi ses armes avec T-Kaï Cee avant de se lancer en solo en 2010. Alors que “Contes Cruels” est annoncé pour la fin d’année, iHH™ met en lumière un rappeur qui n’a pas encore l’audience qu’il mérite. Une interview menée de main de maître par nos camarades de l’incontournable site Le Bon Son.

LACRIM 
Alors que se profile une seconde livraison pour la fin 2017, Lacrim revient pour iHH™ sur son parcours épique et accidenté qui l’a mené des tours de Chevilly-Larue à la multinationale du disque Universal en passant par les cases cavale et prison.

DJ TREN
Pour ce numéro, c’est DJ Tren, producteur parisien qui a notamment collaboré avec Sniper, Edo.G, Reks, Rapp’Dezé, Driver ou Funky DL, que l’on retrouve pour notre rubrique “Sur Écoute”. Esprit boom-bap, parcours de passionné et décorticage de classiques sont au rendez-vous.

DEEN BURBIGO
Après de discrets débuts dans le Sud de la France, Deen Burbigo est passé à la vitesse supérieure en intégrant le renommé collectif L’Entourage. Après bien des open-mics et trois projets solo en totale indépendance, il s’est associé à Barclay/Universal afin d’élargir son public sans pour autant vendre son âme.

LIL DICKY
Maniant la dérision et la sincérité comme peu d’artistes du rap game, Lil Dicky se joue des postures caricaturales dans lesquelles se complaisent trop de ses confrères. Un électron libre qui provoque régulièrement l’hilarité tout en étant validé par des valeurs sûres comme Snoop Dogg ou T-Pain.

FÉFÉ 
Il y a une vie après le Saïan Supa Crew. Disloqué, le collectif parisien ne s’est pas pour autant désintégré puisque ses illustres membres Vicelow, Specta ou Sir Samuel font toujours parler d’eux. C’est également le cas de Féfé, qui s’avère être le plus gros succès solo du groupe, ce que vient confirmer son troisième album fraîchement sorti.

VÎRUS x JEHAN-RICTUS 
Rien d’étonnant à ce que Vîrus, virtuose de la rime désenchantée, se soit lancé dans l’adaptation discographique du chef d’œuvre de la poésie populaire signé Jehan-Rictus : “Les Soliloques Du Pauvre”. Bien qu’un bon siècle les sépare, le MC normand et le déclamateur des faubourgs parisiens ont en commun un regard implacable sur leurs contemporains, une écriture tranchante, une ironie sans concession. Un entretien-fleuve autour de cet incroyable projet avec le prolifique membre de l’Asocial Club.

SYLVAIN BERTOT 
Sylvain Bertot, une des grandes plumes traitant du rap US en France, s’est passionnément consacré dans son dernier ouvrage à dépeindre la mutation de ce que l’on nomme communément “mixtapes”. De compilations en cassettes audio mixées, scratchées, ambiancées, l’appellation recouvre désormais les sorties digitales qui s’apparentent de plus en plus à de véritables albums débarrassés des carcans esthétiques de l’industrie. On discute longuement de cette révolution artistique et commerciale avec le taulier du remarquable blog Fake For Real.

BOI-1DA
Indissociable du triomphe international de Drake, Boi-1da est un des producteurs canadiens les plus en vue du moment, produisant pour une pléthore d’artistes dont Eminem et Rihanna. En exclusivité, iHH™ l’a rencontré pour en savoir davantage sur ce fournisseur de sons devenu indispensable aux plus gros vendeurs du moment.

DJ FLY & DJ NETIK
Tout bonnement invincibles derrière des platines, DJ Fly et DJ Netik sont maintes fois champions du monde DMC en individuel ou par équipe. Discipline indissociable du hip-hop, le turntablism est évidemment à l’honneur dans iHH™, et évidemment avec les meilleurs !

LYON
Incubateur de talents depuis bien longtemps, Lyon et sa banlieue méritait bien un gros focus sur l’impressionnante quantité de talents émergents que recèle la métropole, trop souvent snobée par les médias dominants.

LIGHTNIN’ HOPKINS
Rien de paradoxal à ce que iHH™ rende hommage à Lightnin’ Hopkins, figure de proue du blues rural au siècle dernier. Bien que peu samplé, ce maître de l’improvisation et du storytelling est un des piliers majeurs de la musique africaine-américaine, à découvrir d’urgence pour tout acharné du hip-hop qui sait se rappeler que sa musique est née dans un champ de coton.

MEDINE
Avec “Prose Élite”, son 13e projet solo en autant d’années, Medine a une fois encore pris tout son monde à contre-pied en se remettant radicalement en question, tant dans le fond que dans la forme. Interview XXL avec ce personnage emblématique du rap francophone, fer de lance de l’edutainment, soldat du prestigieux label indépendant du Havre Din Records.

RAIDER KLAN
Avec près de 15 ans au compteur, le Raider Klan est sans conteste un des collectifs les plus pléthoriques, solides et influents de la galaxie Phonk. Fondé par SpaceGhostPurrp, ses membres méritent tous le détour, d’Amber London à Ethelwulf, Yung Simmie, sans oublier évidemment Denzel Curry qui a brillé de mille feux à l’international avec le terrible “Imperial”. Un dossier “scène obscure” concocté par les spécialistes français en la matière, l’équipe Swampdiggers.

NAPOLEON DA LEGEND
Activiste hip-hop résolument underground, Napoleon Da Legend s’est fait remarquer à partir de 2010 et ses nombreuses connexions, avec la France notamment, font de lui un MC internationaliste certifié. De passage à Paname, iHH™ en a profité pour mettre en avant la qualité de son travail qui mêle dextérité verbale et engagements progressistes.

SAGES POÈTES DE LA RUE
On ne présente plus le trio mythique de Boulogne-Billancourt, composé des deux frères Melopheelo et Zoxea, associés à Dany Dan. 15 ans après leur précédent opus, les Sages Poètes De La Rue sont enfin de retour avec l’ambitieux “Art Contemporain”, finement ciselé dans la plus pure tradition de leur discographie. iHH™ ne pouvait pas rater ça !

CHRONIQUES
Albums/mixtapes + Films, séries & DVDs + Livres + Imports

 

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NUMERO #6 (février 2017)

SOMMAIRE NUMERO #6 (février 2017)

iHH™ #6, numéro massif de 116 pages, dispo dans tous les kiosques et Relay de France !!!

Avec : Seth Gueko, KERY JAMES OFFICIEL, SCYLLA, Saké, Kalash Criminel, BIG SHUG, Alivor, Jeru the Damaja, Davodka, Lords Of The Underground, TUPAN, JAMALSKI OFFICIAL, YWill (La Jonction) et plein d’autres…

Mais aussi un dossier justice et vérité pour Adama Traoré, un focus sur Awful Records, une multitude de chroniques…
Avec des invités de marque : ReapHit.com, Fake for real, SwampDiggers, Le Bon Son / lebonson.org, The BackPackerz, Steph Freshnews


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Edito

Pour un mouvement qu’on disait moribond, le hip-hop ne se porte finalement pas si mal lorsqu’on s’émancipe du travail de sape des pseudo-médias de référence (pour le MEDEF). Il suffit de jeter un œil ou une oreille à tout ce qui se désagrège alentours – quand il ne s’agit d’ailleurs pas d’une putréfaction avancée – pour constater que le rap, comme tous les éléments de la culture hip-hop, fait plus que jamais preuve de dynamisme en France. Loin des clichés sur son prétendu délitement, 2016 aura encore été un cru extrêmement riche, distribuant comme s’il en pleuvait évolutions stylistiques, grands albums, rimes assassines, compositions addictives, découvertes vivifiantes, clips coups-de-poing ou scratchs chirurgicaux. Le sommaire de ce iHH™ #6 qui vous offre encore un large panel de ce qui se fait de mieux de l’underground au mainstream ne laisse aucun doute possible : le hip-hop surclasse tous les autres styles, malgré les exactions de quelques-uns de ses pires apparentés.

Quant à ceux qui ne trouvent à associer que les mots “bêtise” et “violence” au déluge de projets polymorphes que le hip-hop engendre chaque année, il ne faut pas chercher très loin leurs fondements idéologiques où s’entrechoquent ignorance absolue, poncifs racistes et d’extrême-droite, le tout saupoudré de mépris ou de haine de classe.

Et puisqu’on évoque la supposée violence attribuée au rap en particulier, que dire de cette tristement fameuse violence légale qui fait régulièrement les beaux jours des sujets de bac. Depuis toujours, la France a un problème avec sa police, organisée comme le bras armé intouchable de l’État, quelles que soient ses sinistres turpitudes ou donneurs d’ordre… Qui peut oublier, notamment, qu’avant de devenir ministre, le collabo nazi Maurice Papon fut préfet de police de Paris malgré son abject passé que tout le monde connaissait (il fut finalement condamné en 1998 pour complicité de crimes contre l’humanité) et responsable de l’assassinat par la police de centaines d’Algériens le 17 octobre 1961 et d’une dizaine de militants de la CGT et du Parti Communiste le 8 février 1962 (sans oublier les centaines de blessés), massacrés à la station de métro Charonne.

L’année 2016 n’aura malheureusement pas rompu le cycle infernal de la fuite en avant sécuritaire, encore renforcé par l’état d’urgence permanent instauré suite aux attentats. On garde évidemment en mémoire la répression sauvage et aveugle des centaines de milliers de manifestants qui se sont dressés contre la loi rétrograde dite “travail” avec des centaines de blessés parfois grave (dont des lycéens) et des milliers d’arrestations et d’incarcérations totalement arbitraires. On n’ose imaginer les réactions du microcosme médiatique aux ordres, le même qui vomit chaque jour sa haine du rap, si de telles choses s’étaient produites avec la même ampleur à Cuba, en Grèce ou en Russie. Mais plus grave pour les quartiers populaires, la culture de la bavure, du contrôle au faciès, des pratiques vexatoires et arbitraires frappe toujours plus les populations désargentées et assommées par le chômage de masse. L’intervention de l’État finit par se résumer à une police structurellement violente, mal formée, manifestement jamais là au bon moment, une hiérarchie au mieux absente et des agents souvent dénués de toute empathie.

L’inacceptable mort d’Adama Traoré le 19 juillet dernier dans une gendarmerie du Val-d’Oise, l’attitude surréaliste des autorités et des forces de l’ordre depuis, les constantes intimidations et manœuvres dénoncées par avocats, journalistes et associations à l’égard de sa famille qui n’exige pourtant que la vérité et la justice pour celui qu’elle a perdu, ont révulsé tous ceux en France qui mettent encore du sens dans la devise “Liberté, Égalité, Fraternité”, au-delà du slogan publicitaire creux qui orne quelques frontons d’édifices publics. Une fois n’est pas coutume, face à l’horreur et la colère qu’engendre la nouvelle d’un jeune qu’on a laissé mourir comme un chien, menotté, dans une cour de caserne, beaucoup de représentants de la communauté hip-hop hexagonale se sont levés pour s’insurger et exiger que toute la lumière soit faite sur cette sombre histoire, que tous les responsables en payent les conséquences et que cette brutalité constante infligée aux quartiers abandonnés par la République cesse enfin. Assa Traoré, sœur d’Adama, nous fait le grand honneur de témoigner dans nos pages avec une dignité et une lucidité rares. Nous rendons un hommage appuyé à son courageux combat. Nous donnons aussi la parole aux artistes qui, comme Guizmo, Nekfeu, Alivor, Kery ou La Rumeur, appellent à la résistance et à la plus grande vigilance. Car quand on voit le casting de réacs dans les starting-blocks pour la présidentielle de 2017, si nombre de sorties rap devraient encore atteindre des sommets, le tout répressif, sécuritaire et austéritaire des années Sarkozy-Hollande risque de monter encore en puissance et de laisser pas mal de gens et de libertés sur le carreau. Pour combattre cette déliquescence sociale qu’on nous programme, rien de telles que les luttes et la bande son hip-hop qui va avec !

Yann CHERRUAULT

Seulement dans les quartiers

Les condés de l’abus de pouvoir ont trop abusé

Aussi sachez que l’air est chargé d’électricité

Alors pas de respect, pas de pitié escomptée

Vous aurez des regrets car

Jamais par la répression vous n’obtiendrez la paix, la paix

La paix de l’âme, le respect de l’homme

Mais cette notion d’humanisme n’existe plus quand ils passent l’uniforme

Préférant au fond la forme, peur du hors-norme

Pire encore si dans leur manuel ta couleur n’est pas conforme

Véritable gang organisé, hiérarchisé

Protégé sous la tutelle des hautes autorités

Port d’arme autorisé, malgré les bavures énoncées

“Police” par Suprême NTM