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Le festival BARS EN TRANS (du 7 au 9 décembre à Rennes) mise sur le hip-hop !

Depuis déjà quelques semaines, le froid engourdit les rues rennaises, mais comme chaque année, un torrent musical vient les dégivrer. Pour la 21e année consécutive, les bars rentrent en trans afin de faire résonner ce qui se fait de mieux dans le paysage musical. Le temps d’un week-end, la capitale bretonne s’ouvre au monde. Des artistes confirmés aux illustres inconnus en passant par les figures locales, il n’y a qu’une solution : du 7 au 9 décembre 2017, à vous de prendre la rue ! Emboîtant le pas de sa grande sœur, les Rencontres Trans Musicales, le festival des Bars En Trans se pare cette année de beaux habits hip-hop. Si Columbine ou encore Too Many T’s vont retourner le parc des expositions, les amateurs de rap auront aussi le loisir d’arpenter les rues du vieux Rennes pour y découvrir une programmation rythmée et pointue. Contre le froid breton, avant-goût de l’antidote, hip-hop !

Nos pas nous conduiront tout d’abord au Wunderbar, nouveau blason du bar La Notte pour la soirée TuneCore. Après avoir consumé un peu des paradis artificiels, il sera temps de plonger dans le petit spleen de Lonepsi pour se saisir du beau de l’air. Pendu à la corde de sa guitare où, en équilibre entre une blanche et une noire, le sentiment poétique occupe une place phare. Avant que son spleen ne nous infecte, il faudra se laisser submerger par la vague 7 Jaws dont les mâchoires claquent au rythme du balancement de nos nuques. Le membre de la Squale oscille toujours entre deux eaux, passe de flows incisifs et coupants à des envolées autotunées planantes. C’est Senbeï qui viendra clore la soirée en envahissant le bar de nappes électroniques et de sonorités asiatiques qui donneront vie à un hip-hop à l’ambiance définitivement cinématographique.

Que la nuit se soit terminée sous les colombages d’une maison penchée du centre-ville ou qu’elle ait vu le jour au Parc des Expositions, la fête elle, n’attend pas. Les plus triviaux iront se requinquer en dégustant une galette saucisse tandis que les grands sportifs profiteront de la piscine Saint-Georges pour aller faire quelques longueurs dans un bassin tombé sous le contrôle des Gérards.

Pour pouvoir profiter de l’évènement hip-hop du week-end, il faudra avancer l’apéro, oublier le goûter. Dès 16 heures, le 1988 Live Club ouvre ses portes et fait résonner le boom-bap si cher à nos oreilles. Pour combattre le froid hivernal et faire doucement monter la température, le chaud groupe VSO x Maxenss nous contera la plénitude du chill à la sudiste. Débarquant avec sa bonne odeur de pain, le boulanger français en chef, DJ Weedim viendra remplir le 88 de ses petits pains. À ses côtés, son intarissable apprenti, le roi de la souye, le prince du boze, Biffty. Un concert qui s’annonce déjà mémorable pour tous leurs fans fraîchement bacheliers ou découvrant les joies de la vie étudiante dans l’antre rennaise ! L’association des Bars En Trans ne s’en cache pas, le glissement vers le hip-hop est un glissement vers un public plus jeune, vers ce grand cru millenial plein de promesses.

Chilla prendra ensuite le micro pour faire descendre le taux de testostérone. Que Biffty se tienne à carreau, elle pourrait très bien se mettre à balancer du porc. L’objectivisation de la femme dans le rap est sans cesse remise en cause. La finalité de sa musique est l’émergence d’une autre figure, celle de la rappeuse, de la femme qui rap. Une féminisation de la scène qui trouvera son point d’orgue dans les sulfureuses envolées autotunées de La Go 2 Feu qui fera trembler les murs du Live Club de bangers en bangers. Lord Esperanza fera redescendre quelque peu le thermomètre, rappant ce qu’il a immortalisé de son Polaroïd. Puisque les élites font du sale, le drapeau blanc est à laver. Le jeune Lord fera voler haut son Drapeau Noir et trouvera certainement un écho chez le public rennais, contestataire par essence. Sopico lui emboitera le pas pour apaiser la foule endiablée, lui permettre de se reconnecter à la mélodie, de regarder autour d’elle et de peut-être poser son regard sur une personne rare. On attend avec “Le Hasard Ou La Chance” une ballade acoustique et spleenique qui conférera d’autant plus de dimension à cette journée tirant déjà sur sa fin.

Pour finir, le Alaclair Ensemble, venu tout droit du Québec, nous livrera un rap plein d’humour de son parler si peu commun pour nos oreilles trop habituées à un français peu chanté, pas assez châtié. Un bagout qui rendra fou, motivant les derniers récalcitrants à se diriger vers l’immensité du parc des expositions pour une nuit qui ne s’arrêtera qu’avec la fin de la Trans…

www.barsentrans.com

Théo GASNIER